Très provocateur, dans le contexte d’un art académique anglais relativement corseté, Walter Sickert peint des sujets alors jugés trop audacieux comme des scènes de music-hall ou, plus tard, des nus dés-érotisés, présentés de manière prosaïque dans des intérieurs pauvres de Camden Town. Ses choix de couleurs aussi virtuoses qu’étranges, hérités de son apprentissage auprès de Whistler, ainsi que ses cadrages déroutants frappent ses contemporains. À partir de 1890, il voyage de plus en plus régulièrement à Paris et à Dieppe jusqu’à s’installer de 1898 à 1905 dans la station balnéaire dont il peint de nombreuses vues. Il est alors très influencé par la scène artistique française et devient un proche d’Edgar Degas, Jacques-Émile Blanche, Pierre Bonnard, Claude Monet ou encore Camille Pissarro. De retour à Londres en 1905, il débute sa série des « modern conversation pieces » qui détourne les scènes de genre classique et traditionnel de la peinture anglaise en des tableaux ambigus, menaçants voire sordides dont le plus célèbre exemple est celui de la série des « meurtres de Camden Town ». À la fin de sa carrière, durant l’entre-deux-guerres, Sickert innove en détournant et transposant en peinture des images de presse, processus largement repris à partir des années 1950 par des artistes comme Andy Warhol.
L’exposition est organisée par la Tate Britain et le Petit Palais, Paris Musées.
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Commissariat du Petit Palais :
- Annick Lemoine, commissaire générale, directrice du Petit Palais
- Delphine Lévy, directrice générale de Paris Musées (2013-2020)
- Clara Roca, conservatrice en charge des collections d’arts graphiques des XIXe et XXe siècles, et de la photographie
Commissariat de la Tate Britain :
- Alex Farquharson, commissaire général, directeur de la Tate Britain
- Emma Chambers, conservatrice au département Modern British Art, Tate Britain
- Caroline Corbeau-Parsons, conservatrice des Arts graphiques au musée d’Orsay, ancienne conservatrice au département British Art 1850-1915, de la Tate Britain
- Thomas Kennedy, assistant conservateur au département Modern British Art, Tate Britain
En partenariat avec
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Publication
Walter Sickert (1860-1942) fait partie des pionniers de la modernité anglaise, marquant durablement la peinture figurative anglaise du XXe siècle, notamment celle de Lucian Freud et de Francis Bacon.Il traite d’emblée de thèmes inhabituels, voire transgressifs – music-halls, nus réalistes dans des intérieurs modestes, scènes de genre angoissantes ou ambigües – par le biais de cadrages déroutants ou d’étranges tonalités.Proche de son mentor Edgar Degas, mais aussi d’artistes comme Pierre Bonnard, il tisse un lien fort avec la France, ce qui l’incite à renouveler sa manière de peindre.De la modernisation du genre traditionnel de la conversation piece à la transposition d’images issues de la culture populaire, cet artiste provocateur et fascinant ne cessera de se réinventer, au-delà de toutes conventions.
Auteur(s) : Sous la direction d’Emma Chambers et Clara Roca
Exposition : Walter Sickert
Format : Relié
Nombre de page : 240
Nombre d'illustration : 230
Dimensions : 23,5 x 28 cm
ISBN : 978-2-7596-0539-2
Date de publication : octobre 2022
Langue : Français
Editeur : Éditions Paris Musées
Prix public : 39€