Détails de l'œuvre
Date :
Vers 1909
Matériaux et techniques :
Essences de bois (poirier, noyer), cuir, bronze, verre, pâte de verre
Mode d'acquisition :
Don d'Adeline Oppenheim Guimard, 1948, 1948
L’hôtel particulier que Guimard se fait construire au 122 de la prestigieuse avenue Mozart à Paris constitue un véritable manifeste de ses orientations stylistiques et de sa conception novatrice de l’architecture, fondée sur l’idéal de l’œuvre d’art totale. Près de quatre années sont nécessaires pour mener à bien ce projet ambitieux, au cours desquelles l’architecte imagine et façonne chaque détail de cette demeure somptueuse, qu’il aménage selon ses goûts afin de s’y installer avec son épouse, Adeline Oppenheim, peintre d’origine américaine.
Les deux vastes espaces de son agence d’architecte-décorateur, transférée du Castel Béranger, prennent place au rez-de-chaussée. Les pièces de réception et les espaces de vie privés occupent les deux premiers étages, tandis que le troisième niveau est réservé à l’atelier de son épouse ainsi qu’à une chambre d’ami. Fidèle à sa vision globale, Guimard conçoit non seulement l’architecture de l’édifice dans le plus pur style Art nouveau, mais aussi l’ensemble des aménagements intérieurs : mobilier, luminaires, serrurerie, décors muraux, jusqu’aux éléments les plus intimes comme le linge de table et les rideaux en soie abricot. L’ensemble forme un tout cohérent, où chaque élément dialogue avec les autres dans une parfaite harmonie formelle et chromatique.
L’ameublement des espaces de réception, et en particulier celui de la salle à manger de plan ovale, témoigne d’un raffinement exceptionnel. Réalisé en bois de poirier, le mobilier aux lignes souples et aux motifs végétaux stylisés comprend une desserte et un argentier intégrés aux boiseries courbes, ainsi qu’une table, une table à thé, deux fauteuils et six chaises en cuir repoussé. Ces dernières sont ornées du chiffre OG (Oppenheim/Guimard), inscrit en caractères Guimard.