Détails de l'œuvre
Date :
1905
Matériaux et techniques :
Lapis-lazuli, agate, jaspe, opale et or
Numéro d'inventaire :
OGAL125
Mode d'acquisition :
Achat au Salon de la Société des artistes français, 1905, 1905
Le Petit Palais conserve plusieurs œuvres significatives de Georges Lemaire, sculpteur et graveur sur pierres fines, parmi lesquelles un important camée intitulé L’Automne, ainsi que deux statuettes : l’une représentant Étienne Marcel, l’autre L’Immortalité, également connue sous le titre Le Silence.
Les statuettes révèlent tout particulièrement l’attrait de l’artiste pour les pierres semi-précieuses, qu’il choisit avec soin pour leurs qualités chromatiques, leur translucidité et leurs résonances symboliques, avant de les associer dans des compositions d’une grande subtilité. Loin d’un simple exercice décoratif, ce travail de la matière participe pleinement à la signification de l’œuvre. Par son iconographie et son atmosphère énigmatique, L’Immortalité s’inscrit clairement dans le courant symboliste, qui privilégie l’évocation poétique et la suggestion plutôt que la narration explicite.
À l’instar des figures féminines conçues par Burne-Jones ou Khnopff, l’œuvre donne à voir une femme blême, élancée et distante, incarnation d’un idéal inaccessible et d’un monde intérieur mystérieux. La frontalité du modèle, renforcée par la stylisation des lignes de son vêtement, impose une présence hiératique. Son regard, fixe et comme replié sur lui-même, semble soustrait à toute communication avec le spectateur. L’étrange geste des mains, qui enserrent une couronne de laurier, symbole ambigu de gloire, de silence et d’éternité, accentue le caractère rituel de la figure.
Par cette combinaison de formes épurées, de matériaux précieux et de références symboliques, L’Immortalité s’impose comme une icône fascinante, oscillant entre la figure de la femme fatale et celle de la prêtresse, dépositaire d’un culte secret.