Détails de l'œuvre
Date :
Vers 1912
Matériaux et techniques :
Pastel sur papier collé sur carton
Numéro d'inventaire :
PPD1220
Dimensions :
H. 82 x l. 62 cm
Mode d'acquisition :
Don de Jacques-Michel Zoubaloff, 1916, 1916
Sur un arrière-plan de bleus intenses, un corps nu émerge. Vénus, née de l’écume, se tient dans un étrange écrin inspiré d’une coquille rapportée des Seychelles à Odilon Redon par son ami Ary Leblond. De cette matrice semblant plus organique que minérale, les chairs de la déesse partagent les tonalités chaudes qui tirent parti de la teinte du papier laissé par endroits en réserve. Associé à la fleur du pastel, le grain du papier accroît encore l’aspect velouté de la peau de Vénus. Si sa forme est solidement cernée de traits sombres, elle n’en conserve pas moins un caractère esquissé, comme en gestation, qui confère à ce fragment de récit des origines une puissance vitale particulière. Le rocher sur lequel s’appuient la coquille et la végétation qui s’y développe, terrestre ou aquatique, est plus indistinct encore. L’arrière-plan enfin est un jaillissement spectaculaire, écumeux et vaporeux, entre eau et air.
La Naissance de Vénus frappe surtout par cet étourdissant chatoiement de bleus, d’ocres, de verts, de violets, de roses. Redon laisse éclater ici ses talents de coloriste et de pastelliste. À partir de 1899, l’artiste se détourne en effet de ses « noirs », sombres fusains et lithographies, et s’immerge dans la couleur, d’abord par le biais du pastel. L’importante collection d’œuvres de Redon du Petit Palais, riche notamment du don du collectionneur Jacques Zoubaloff, témoigne de la diversité de sa production, qui reste empreinte d’un onirisme caractéristique.