Détails de l'œuvre

Date :
Vers 1700-1730

Matériaux et techniques :
Bois sculpté et doré, vernis Martin, cuir, verre, velours

Numéro d'inventaire :
OTUCK59

Dimensions :
H. 174,8 x l. 82 x P. 97 cm (sans les brancards)

Mode d'acquisition :
Donation d'Edward Tuck et Julia Stell, 1921, 1921

Apparues en France au début du XVIIe siècle, les chaises à porteurs constituent un moyen de transport approprié à la ville : elles protègent de la saleté, garantissent la sécurité et s’adaptent à l’étroitesse des rues sans trottoir. Elles sont la propriété de personnes de haut rang, dont les armoiries – comme ici, les armes du duc Léopold Ier de Lorraine (1679-1729) et d’Élisabeth-Charlotte d’Orléans (1676-1744), nièce de Louis XIV – ornent les portières.

Les figures de Renommées, de Victoires, de Mars, de l’Histoire et du Temps qui parent les panneaux de cette chaise à porteurs constituent autant d’allusions probables aux victoires des ducs de Lorraine, dont Léopold Ier lui-même, sur l’Empire ottoman. Les Amours couronnés évoquent l’union des deux époux en 1698. L’étonnante richesse d’ornementation de cet objet utilitaire est due à sa fonction décorative dans les vestibules. La chaise n’en demeure pas moins conçue pour être exposée aux intempéries, grâce à un toit de cuir clouté, à des vitres coulissantes et à des panneaux d’un matériau imperméable comme le laque ou le vernis Martin.

En 1771, André-Jacob Roubo dans son Art du menuisier détaille les principes techniques qui répondent à des critères de solidité et de légèreté pour de tels véhicules. Les bâtons de chaise faits de noyer blanc, de frêne – pour l’élasticité – ou de hêtre – pour la résistance – sont sans cesse ôtés et réinsérés au gré des déplacements. Ils ont ainsi donné leur nom à une expression proverbiale synonyme de vie désordonnée et agitée.