Détails de l'œuvre
Date :
Vers 1620
Matériaux et techniques :
Pierre noire, plume et encres brune et noire, lavis brun et noir
Numéro d'inventaire :
DDUT1033
Dimensions :
H. 22,3 x l. 19,4 cm
Mode d'acquisition :
Legs Dutuit, 1902, 1902
Portraitiste parmi les plus réputés du XVIIe siècle européen, Antoine Van Dyck va occuper à Londres la position de peintre officiel de Charles Ier, roi d’Angleterre. Les années de jeunesse de ce natif d’Anvers sont fortement marquées par sa collaboration avec Rubens, qui dure jusqu’à son départ pour l’Italie en 1621.
Jadis conservé à Berlin, où un incendie le détruit en 1945, Le Couronnement d’épines est l’un des plus importants tableaux qu’il réalise dans sa première période ; une réplique autographe de l’œuvre se trouve au musée du Prado. Légué à la Ville de Paris par les frères Dutuit, son dessin préparatoire représente Jésus avec les mains liées et la tête inclinée. Tant l’expression calme du Christ que la dignité de sa pose marquent un contraste avec l’agitation et les physionomies grotesques de ses bourreaux, sur le point de le crucifier, qui le coiffent d’une couronne tressée d’épines. Dessinant avec fougue, Van Dyck exécute une feuille caractéristique du style de l’école flamande du XVIIe siècle. Avant de la reprendre à l’encre, l’artiste arrête les grandes lignes de sa composition à la pierre noire, réalisant ainsi un premier tracé plus discret et susceptible d’être modifié. Les traits vigoureusement appliqués à la plume sont nerveux et contournent les motifs du dessin avec netteté. Toute la picturalité de l’œuvre ressort enfin de l’amplitude de geste du pinceau et des lavis généreux qui distribuent la lumière et les ombres sur la composition.
Bien que réalisé dans ses années de jeunesse, ce dessin montre un Van Dyck déjà virtuose et maîtrisant pleinement la leçon de Rubens.