Détails de l'œuvre
Date :
Seconde moitié du XVIIe siècle
Matériaux et techniques :
Huile sur toile
Numéro d'inventaire :
PDUT941
Dimensions :
H. 41 x l. 21,7 cm
Mode d'acquisition :
Legs Dutuit, 1902, 1902
Entré au musée par le biais du legs Dutuit comme œuvre anonyme du XVIIe siècle hollandais, ce tableau reste aujourd’hui encore nimbé du mystère concernant son auteur et son modèle. Si une attribution à Jan Miense Molenaer a pu être avancée, et le sujet interprété comme sa femme, artiste reconnue, Judith Leyster, aucune de ces deux hypothèses n’est confirmée pour l’heure.
Le cadrage resserré sur le modèle féminin de dos, absorbé à son ouvrage, s’inscrit en tout cas dans le registre de cette peinture silencieuse, du temps arrêté si caractéristique de la production artistique hollandaise au Siècle d’or. Celle-ci fait d’ailleurs souvent la part belle aux représentations féminines, très largement cantonnées dans leur intérieur, occupées à des tâches domestiques telles que le ménage, les travaux d’aiguille, la cuisine ou l’éducation des enfants. Mais outre cette valorisation des vertus domestiques associées aux femmes, ces dernières semblent jouir en Hollande d’une forme de liberté inédite ailleurs et dont témoignent de nombreux tableaux s’attachant de manière sensible à la vie contemplative et intellectuelle de femmes musiciennes, lisant, ou comme ici peignant.
Avec une facture lâche qui s’éloigne de la manière fine, extrêmement miniaturiste, propre aux artistes de l’école de Leyde et de ce type de représentation, l’artiste nous plonge dans l’intimité concentrée de cette femme pourtant installée inconfortablement sur un tabouret renversé. La nuque est laissée sensuellement dégagée par des cheveux relevés en chignon, offerte à notre vue d’observateur-voyeur, tout comme le tableau en cours d’exécution dont nous sommes libres d’imaginer le motif.