Détails de l'œuvre

Date :
Entre 1886 et 1887

Matériaux et techniques :
Grès partiellement peint et émaillé, décor incisé et modelé

Numéro d'inventaire :
ODUT1787

Dimensions :
H. 13,3 x l. 15,5 x P. 11,5 cm

Mode d'acquisition :
Achat sur les arrérages du legs Dutuit, 1994, 1994

Dès l’enfance, Gauguin développe un goût prononcé pour les objets d’art, notamment les céramiques péruviennes et précolombiennes, qu’il découvre au Pérou, où il vit jusqu’à l’âge de six ans. Plus tard, son regard sera également attiré par les grès japonais, qu’il découvre à l’Exposition universelle de 1878, ainsi que sur les objets maoris qu’il admire au musée d’Auckland, en Nouvelle-Zélande. 

À partir de 1886, l’artiste s’adonne avec enthousiasme aux arts de la terre et du feu, qui accompagneront sa création picturale pendant une dizaine d’années. Séduit par son talent et son originalité, Félix Bracquemond le met en relation avec Ernest Chaplet, céramiste renommé, alors à la recherche d’artistes pour créer des modèles dans l’atelier de Charles Haviland, qu’il vient de reprendre. Gauguin sculpte environ une centaine de pièces en grès – principalement des vases et des pots – ornées de motifs inspirés de son œuvre graphique. Ces objets sont réalisés non seulement à Paris, mais aussi en Bretagne, en Martinique, aux Marquises et à Tahiti, intégrant ainsi les influences des cultures et des paysages qu’il découvre. 

Dès ses premières expérimentations, l’artiste cherche à fusionner forme, matière et décor dans une approche synthétique, qu’il applique aussi bien en céramique qu’en peinture et en gravure. Cette méthode, qui s’appuie sur la technique du cloisonnisme et privilégie le rythme et la composition, caractérise la jardinière présentée ici, où les motifs sont cernés d’un trait gravé et les pigments, dont la gamme chromatique est réduite, posés sans souci de perfection.