Détails de l'œuvre
Date :
Vers 1885
Matériaux et techniques :
Palissandre, bronze doré et papier
Numéro d'inventaire :
PPO03805
Mode d'acquisition :
Achat, 2012, 2012
L’influence exercée par les arts du Japon sur les productions artistiques et industrielles occidentales dans la seconde moitié du XIXe siècle est connue sous le nom de « japonisme ». Ce terme, utilisé en 1872 par le critique d’art Philippe Burty, indique un phénomène esthétique aux multiples facettes qui a su « révolutionner l’optique de l’Occident », selon Edmond de Goncourt, l’un de ses plus fervents admirateurs. Répondant pleinement aux attentes de modernité de l’époque, le Japon offre aux créateurs des solutions formelles originales, tant dans la composition que dans l’usage expressif de la couleur, ainsi que des formules décoratives nouvelles. À partir des années 1860, les estampes japonaises connaissent une large diffusion dans les cercles artistiques et intellectuels européens. D’un prix accessible, ces images du monde flottant (ukiyo-e), tout comme les livres illustrés (ehon), sont collectionnées avec enthousiasme non seulement par les peintres, notamment les impressionnistes, mais également par les dessinateurs industriels et les décorateurs.
Ainsi, la maison parisienne de luxe Escalier de Cristal, alors située dans le quartier de l’Opéra, utilise de manière surprenante des gravures japonaises polychromes de format allongé dit kakemono-e, dessinées notamment par deux artistes de l’école Utagawa : Kunisada (1786-1864) et Kuniyoshi (1797-1861). Représentant des enfants et des beautés féminines, ces feuilles sont collées directement sur le panneau d’un écran de cheminée réalisé en palissandre. Marqué par un style éclectique harmonieux, cet objet raffiné est également muni de deux tablettes en bois laqué noir, où se détachent des motifs végétaux peints – chrysanthèmes, branches de prunier, feuilles de bambou –, tous issus de l’iconographie naturaliste japonaise.