Détails de l'œuvre
Date :
Daté au revers du 2 octobre 1520
Matériaux et techniques :
Faïence, lustre métallique à reflets jaunes et rouges
Numéro d'inventaire :
ODUT1091
Dimensions :
H. 3,5 cm x D. 36,4 cm
Mode d'acquisition :
Legs Dutuit, 1902, 1902
Dans la collection encyclopédique des frères Dutuit, les arts décoratifs de la Renaissance italienne se distinguent par un remarquable ensemble de majoliques du XVIe siècle issu des centres de production les plus importants : Faenza, Urbino, Gubbio, Deruta.
La majolique italienne (majolica) doit son nom à l’île de Majorque, escale située sur la route du commerce vers l’Italie. Si la faïence y est déjà attestée au siècle précédent, c’est au XVe siècle que cette technique prend son essor dans de nombreuses villes du nord et du centre de l’Italie. Il s’agit d’une céramique de luxe : les formes, le décor et le lustre métallique qui va faire sa renommée imitent les arts somptuaires du métal.
Remarquable par la maîtrise de la pose du lustre, le plat de l’atelier du Maestro Giorgio est l’une des premières majoliques datées exécutées d’après les modèles de Raphaël. Le jeune Pâris, fils du roi de Troie, Priam, s’apprête à donner la pomme de la beauté et de la discorde à Vénus, qui lui a promis l’amour d’Hélène, femme de Ménélas, le roi de Sparte. L’épisode constituera le prélude de la guerre de Troie.
Pour sa composition, le peintre s’est vraisemblablement inspiré de deux gravures : Les Trois Grâces, d’après un bas-relief antique, pour le groupe des déesses, et Le Jugement de Pâris, d’après Raphaël, pour le prince troyen. L’inscription au bleu de cobalt au revers atteste que le plat n’a pas été seulement lustré, mais également peint à Gubbio. Autour de 1520-1540, les pièces de l’atelier de Maestro Giorgio, qu’elles soient ornementales ou historiées, sont remarquables tant par leur qualité picturale que par la splendeur de leur lustre.