Détails de l'œuvre
Date :
1509
Matériaux et techniques :
Burin sur cuivre
Numéro d'inventaire :
GDUT1720
Dimensions :
H. 25,8 x l. 20,1 cm
Mode d'acquisition :
Legs Dutuit, 1902, 1902
Contrairement à Albrecht Dürer qui voyage au sud des Alpes et assimile les formes de la Renaissance italienne, Lucas Cranach l’Ancien réalise ses premières œuvres connues dans le milieu humaniste de Vienne autour de 1500. En 1505, il s’installe à Wittenberg comme peintre de cour des princes électeurs de Saxe. Présentant des caractéristiques propres à ces deux périodes stylistiquement très différentes, sa Pénitence de saint Jean Chrysostome apparaît comme une œuvre de transition. À ses débuts, Cranach développe un traitement foisonnant et sauvage de la végétation, qui précède de quelques années les réalisations les plus radicales d’Albrecht Altdorfer dans ce domaine. On en retrouve l’essence dans cette composition, gravée au burin en 1509, dont le paysage peuplé d’animaux est aussi fourmillant que sophistiqué.
Si la redécouverte de l’Antiquité, l’exactitude anatomique et les proportions humaines n’intéressent pas l’artiste dans ses premières années, il porte en revanche à partir de 1505 une attention croissante au nu féminin. Les représentations de nus debout sous les traits des trois Grâces, de Vénus, de Diane ou d’Ève deviennent alors l’une de ses marques de fabrique. Dans cette œuvre, la femme adossée à un rocher traduit cet intérêt nouveau de Cranach pour le corps féminin et annonce l’importance qu’il lui accorde par la suite. Fille d’un empereur, elle aurait rencontré dans le désert, puis aimé le temps d’une nuit, saint Jean Chrysostome qui y vivait en ermite ; il apparaît ici à l’arrière-plan.