Détails de l'œuvre
Date :
Vers 1590-1610
Matériaux et techniques :
Cuivre émaillé, émaux peints polychromes sur fond bleu et noir, paillons d’argent et rehauts d’or
Numéro d'inventaire :
ODUT1245
Dimensions :
H. 27,3 x l. 12 cm x P. 16 cm
Mode d'acquisition :
Legs Dutuit, 1902, 1902
D’une grande qualité, l’aiguière du Petit Palais, ornée d’émaux polychromes, témoigne du nouvel âge d’or de l’émail, à Limoges, au XVIe siècle. Connue dès la fin du XVe siècle, cette technique consiste à superposer sur une plaque de cuivre des couches d’un produit à base de silice, proche du verre, en les travaillant au pinceau ou à l’aiguille pour faire apparaître la couche sous-jacente. L’éclat des paillons (fines feuilles d’or ou d’argent) se révèle sous les émaux translucides. Une douzaine de cuissons – comprises en 700 et 1 000 degrés selon la résistance des oxydes métalliques qui les colorent – sont nécessaires à la réalisation de la pièce.
Les formes les plus appréciées constituent une vaisselle d’apparat (aiguières, bassins, coupes), sans fonction utilitaire. Les rehauts d’or et les ornements posés sur des aplats noirs donnent un aspect brillant, suggérant la préciosité de l’orfèvrerie.
Ici, le décor principal est consacré à l’histoire de Jason. Il montre l’arrivée du héros de l’Antiquité auprès du roi Phinée, sa rencontre avec Médée qui lui remet l’onguent pour le protéger des flammes soufflées par les taureaux, et la prise de possession de la Toison d’or sur l’autel d’Arès. L’iconographie est inspirée des 26 eaux-fortes de René Boyvin illustrant le Livre de la conqueste de la Toison d’or, publié à Paris en 1563. Ces estampes sont reprises des dessins de Léonard Thiry, actif à Fontainebleau dès 1536 aux côtés de Rosso Fiorentino et de Primatice.