Détails de l'œuvre
Date :
Seconde moitié du Xe siècle
Matériaux et techniques :
Ivoire d'éléphant
Numéro d'inventaire :
ODUT1272
Dimensions :
H. 22,4 x l. 14,2 x P. 1,1 cm
Mode d'acquisition :
Legs Dutuit, 1902, 1902
Bordée d’une moulure simple, cette plaque de reliure présente une Vierge à l’Enfant en trône, sujet rare dans les ivoires byzantins. La Vierge est placée sous un baldaquin ajouré en forte saillie, muni d’une petite coupole et retombant sur des colonnes torsadées à chapiteau en forme de tête humaine. Des bouquets de feuillages jaillissent au-dessus des sommiers de l’arc. Le trône de la Vierge, richement décoré, offre un dossier polylobé gravé d’étoiles. Les pieds du trône sont sculptés avec une grande finesse, de même que les rebords de la double estrade. La Vierge, assise sur un gros coussin, présente l’Enfant sur ses genoux ; coiffé d’un nimbe crucifère, celui-ci fait le signe de la bénédiction. De part et d’autre de la Vierge apparaissent en médaillon deux personnages barbus dans lesquels on a vu des apôtres (Jean et Paul ?), ou encore les deux prophètes ayant annoncé la maternité de la Vierge, Isaïe et Ézéchiel.
Cette plaque appartient à un groupe d’ivoires dit de « Nicéphore », du nom de l’empereur Nicéphore Phocas (963-969) qui a sans doute joué un rôle central dans l’atelier où ils ont été produits. Ces ivoires de la période post-iconoclaste, relevant de la renaissance dite macédonienne qui a suivi ces âges obscurs, sont l’un des aspects les plus séduisants de cette époque artistique. La Vierge du Petit Palais compte parmi les exemples les plus raffinés.