Exposition organisée avec la Bibliothèque nationale de France.
Six mois avant de disparaître dans le dénuement et l’oubli, Jean Jacques Lequeu déposait à la Bibliothèque nationale l’une des oeuvres graphiques les plus singulières et les plus fascinantes de son temps. Cet ensemble de plusieurs centaines de dessins présentés ici au public dans toute son étendue pour la première fois, témoigne, au-delà des premières étapes d’un parcours d’architecte, de la dérive solitaire et obsédante d’un artiste hors du commun.
Fort de l’outil précis et technique de l’épure géométrique et du lavis, qu’il truffe de notes manuscrites, Lequeu, à défaut de réaliser des projets, décrit scrupuleusement des monuments et des fabriques imaginaires peuplant des paysages d’invention. Mais ce voyage initiatique qu’il accomplit sans sortir de son atelier enrichi des figures et des récits tirés de sa bibliothèque, et qui le conduit de temples en buissons, de grottes factices en palais, de kiosques en souterrains labyrinthiques, se résout en fin de compte par une quête de lui-même. Tout voir et tout décrire, avec systématisme, de l’animal à l’organique, du fantasme et du sexe cru à l’autoportrait, est dès lors la mission qu’il s’assigne.
Typique représentant de ce milieu artisanal, qui tente à la faveur des Lumières et de la Révolution de s’élever socialement et de s’affranchir du monde des métiers, mais qui rapidement déchante, quand se reconstruisent un nouvel ordre et de nouvelles hiérarchies, Lequeu, fils de son siècle, celui du libertinage et des jardins anglo-chinois, n’en poursuit pas moins une voie entièrement libre et singulière. Réduit à un emploi de bureau subalterne, ignoré des gens en place, loin désormais de ses racines, mais affranchi de tout poids social ou académique, avec l’obstination tenace du bâtisseur, il a su traquer sans concession ses chimères.
Commissaires :
Laurent Baridon, professeur à l’université de Lyon II ; Jean-Philippe Garric, professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne ; Martial Guédron, professeur à l’université de Strasbourg ; Corinne Le Bitouzé, conservateur général, adjointe au directeur du département des estampes et de la photographie de la BnF ; Christophe Leribault, directeur du Petit Palais.
Publication
Quel lien y a-t-il entre L’Origine du monde de Gustave Courbet et le « Palais idéal » du facteur Cheval ? Selon Annie Le Brun, « il y a Jean-Jacques Lequeu, qui, sans en être conscient, pressent que l’origine du rêve architectural a quelque chose à voir avec cette origine du monde ».
Fils d’un menuisier de Rouen, Lequeu (1757-1826), formé au siècle des Lumières, voit son destin bouleversé par la Révolution. Contraint à un emploi de dessinateur pour l’administration, il croit toutefois à son talent et poursuit sans concession son ambition d’artiste.
« Architecte de papier », Lequeu rêve de monuments somptueux, de fabriques fictives et de paysages imaginaires ; au-delà de l’architecture, sa galerie s’enrichit de multiples dessins, d’une suite troublante d’autoportraits, de portraits grimaçants, de tableaux érotiques et de détails anatomiques sans complaisance. Six mois avant de disparaître dans le dénuement et l’oubli, il lègue ce fascinant œuvre graphique à la Bibliothèque royale.
Cet ouvrage présente pour la première fois Lequeu dans sa singularité comme dans son époque, restituant enfin pour un large public toute sa richesse et sa complexité.
Ouvrage publié en coédition avec la BnF.
Exposition au Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la ville de Paris, du 11 décembre au 31 mars 2019.
Auteur(s) : Laurent Baridon, Jean-Philippe Garric, Martial Guédron, Corinne Le Bitouzé, Joëlle Raineau-Lehuédé, Annie Lebrun, Elisa Boeri, Valérie Nègre
Exposition : Jean Jacques Lequeu (1757-1826)
Format : Relié
Nombre de page : 192
Nombre d'illustration : 180
Dimensions : 22 x 28 cm
ISBN : 978-2-37666-0217
Date de publication : novembre 2018
Langue : Français
Editeur : Norma éditions et BnF éditions
Prix public : 39