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Mr Pelez, peintre des élégances fin de siècle

François
Flameng
(1856, Paris - 1923, Paris)
1895
Dessin à la mine de graphite sur papier vergé

François Flameng représente Pelez, son aîné de 13 ans, en train de peindre un clown sur une toile démesurément longue par rapport au chevalet.

Les lignes de fuite nous entraînent dans un arrière-plan se résumant à une simple ligne d’horizon assez basse. Le peintre vu de profil est affublé d’un haut de forme luisant et vêtu d’une élégante redingote, au revers de laquelle figure en bonne place le ruban de chevalier de la Légion d’honneur. Cet uniforme de l’artiste officiel du XIXe siècle contraste avec les cheveux en bataille, avec le désordre d’une moustache broussailleuse à laquelle fait écho une cravate noire négligemment nouée autour du cou. La toile sur le chevalet semble être une citation des Saltimbanques (tableau célèbre de Pelez conservé au Petit Palais), par son sujet et ses dimensions. Cette œuvre marque suffisamment les esprits pour qu’on l’associe à l’artiste. En 1895, ce dernier est absent du Salon et prépare dans son atelier un tableau de plus grand format. Flameng s’emploie donc à souligner le décalage entre la vulgarité du sujet et le format de l’œuvre. On ne connaît cependant pas ce qui a motivé la production de ce dessin qui pouvait par exemple être destiné à la presse.

Faut-il voir dans le titre choisi par Flameng pour cette caricature de Pelez dans son plus bel habit, paré des attributs de la reconnaissance officielle, face à son chevalet, l’écho contemporain de Vélasquez, se représentant peignant les “Elégances” du siècle d’or dans Les Ménines, et arborant fièrement la croix des chevaliers de Saint-Jacques ?

Pelez est ici représenté en artiste-dandy, vêtu d’une manière bien différente de celle qu’on lui connaît en général sur ses portraits photographiques. C’est sans doute le décalage entre la réussite de Pelez et l’iconographie de ses tableaux de l’époque qui anime la main de Flameng. Ce dernier reçoit toutes les distinctions dont un artiste peut rêver au XIXe siècle et souligne ce qui à ses yeux est un paradoxe sans exprimer une quelconque jalousie.

C. V. de J.

Numéro d'inventaire: 
DDUT02157
Numéro d'inventaire : DDUT02157
Mode d'acquisition : Achat sur les arrérages du legs Dutuit, 2005
Oeuvre non exposée actuellement
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